Accident de la route : “A 100 000 morts/an …il n’y a aucune étude scientifique” ( Khiati)
L’hécatombe se poursuit à l’ombre du manque de traitement scientifique du phénomène, a plaidé, Mustapha Khiati, président de la Forem.
“A 100 mille morts/an, il n’y a, en ma connaissance, aucune étude scientifique faite pour faire sortir les vrais raisons de ces accidents” révèle-t-il. Précisant qu’il s’agit d’enquêter, au-delà des enquêtes sécuritaires, en profondeur du sujet.
Il faut revoir le problème, explique l’orateur, à plusieurs phases : avant, en cours et après la délivrance des permis de places et de conduire. “Il faut aussi un suivi lors de la phase probatoire post-permis. Et aussi un suivi avant/après l’accident, etc”, enjoint-il
“C’est un vrai cataclysme si l’on prend en compte les familles endeuillées dans la mort du tuteur qui travaillent pour elles, les handicapés dont certains handicaps sont lourds, comme conséquences directes de ces accidents” , a t-il regretté .
Alors qu’il est un gros problème social national, ce phénomène, visiblement, n’est pas pris en considération avec intérêt par les différentes composantes de la société”, témoigne-t-il.
Selon lui, quand on voit le traitement de ce phénomène l’on constate qu’il est traité sur l’aspect administratif /répressif. Et il est regrettable, poursuit -il, de voir que la problématique n’est pas traitée scientifiquement. Par qui de droit, à savoir les universités et les centres de recherche en impliquant les psychologues, les sociologues, les criminologues. Et aussi toutes les personnes pouvant apporter quelque chose.
“Aujourd’hui, les chauffeurs des poids lourds ou des transports en commun doivent subir des tests psychologiques », suggère M. Khiati.
Etant en mission en Allemagne, pays du record mondial des accidents routiers dans les années 1980 avec 15 mille morts/an, le professeur Khiati témoigne que ce taux a été sérieusement réduit à sa proportion congrue. Et a été amené à 2000 accidents en trois ans seulement de prise en charge. La raison ? Le phénomène, enchaine-t-il, est traité de tous ces aspects en faisant des études parallèles,propose le président de la Forem.