Publicité

Canada : Une grande école montréalaise publie la photo d’une Algérienne voilée et crée la polémique

Canada : Une grande école montréalaise publie la photo d’une Algérienne voilée et crée la polémique
DR.

Algérie – Au Québec, une province majoritairement francophone située dans l’est du Canada, une polémique est née ces derniers jours, après la publication par HEC Montréal (École des hautes études commerciales) de la photo d’une étudiante algérienne voilée.

Il s’agit, en réalité, d’une publicité publiée sur la page d’accueil du site de l’école montréalaise. Elle vise à attirer les étudiants étrangers, notamment algériens et plus généralement issus des pays musulmans. L’on témoigne le message accoudé à la photo : « Commencer un B.A.A. à Alger, le terminer à HEC Montréal et obtenir 2 diplômes, c’est l’une des possibilités qu’offrent nos programmes internationaux ».

Mais le voile, arboré par la jeune Algérienne, a suscité la controverse. Des hommes politiques et des militants se présentant comme laïques ont critiqué la bannière publicitaire.

C’est le cas de Jean-François Lisée, ancien ministre de Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du Québec et chef du Parti québécois, une formation politique indépendantiste. Sur Twitter, il a taclé l’initiative de HEC Montréal tout en dénigrant le voile qui, selon lui, est un signe « religieux misogyne », utilisé par cet établissement de prestige pour « recruter des Algériennes ».

Dans un autre tweet, l’homme politique tient à préciser, toutefois, que « les étudiants universitaires peuvent afficher leurs convictions, religieuses ou non ». « Mais qu’une institution publique, par définition laïque, pro-sciences et pro égalité des sexes normalise dans une pub un signe religieux misogyne est inacceptable », a-t-il chargé à nouveau.

Face à l’ampleur de la polémique, l’étudiante algérienne, âgée de 22 ans, a fini par s’exprimer lors d’une entrevue accordée à une journaliste et chroniqueuse de la Presse, un quotidien québécois. La prénommée Nouha a apporté les clarifications nécessaires.

« Dans ma famille, il y a plusieurs femmes qui ne le portent pas. Ma grand-mère ne l’a jamais porté. Ma tante ne le porte pas. Moi, j’ai choisi de le porter », a-t-elle confié.

Et d’ajouter, « À aucun moment je ne trouve que c’est un symbole (le voile) qui diminue la valeur de la femme. Moi, personnellement, je me considère une femme super forte. Dans quelques années, je serai la gestionnaire de toute une équipe. Je ne peux pas me voir comme une personne faible ! »

Tout en affirmant qu’elle respecte les autres visions, elle a expliqué l’objectif de cette publicité. « La publication n’encourage en aucun cas les filles algériennes à mettre le foulard. Elle ne fait que mettre en valeur une minorité, tout simplement. On leur dit juste qu’il y a une place pour elles », a-t-elle remarqué.

En décembre 2021, le gouvernement fédéral du Canada et celui du Québec se sont affrontés sur cette question liée au port du voile à la suite du départ forcé d’une enseignante voilée d’une école anglophone du Québec.

A l’époque, le Premier ministre, Justin Trudeau, n’a pas caché son désaccord avec la législation québécoise sur ce sujet. Il s’est d’ailleurs montré virulent : « N’importe quelle religion que quelqu’un pratique dans [sa] vie personnelle ne devrait pas l’empêcher de pratiquer une profession », a-t-il déclaré devant le Parlement canadien.

Lien permanent: https://nhar.tv/by8Et
Publicité
Publicité