Explosions nucléaires en Algérie: l’application de la loi dite “Morin” pose problème
L’application de la loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des explosions nucléaires de la France, dite “Loi Morin” pose un “réel problème”, 12 ans après sa promulgation, a indiqué un expert français, qui a fait observer qu’un seul Algérien a bénéficié, à ce jour, des indemnisations prévues par cette loi.
“La Loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des explosions nucléaires de la France, dite Loi Morin, qui permet aux personnes reconnues comme victimes de percevoir une indemnisation compensatrice, a été adoptée 14 ans après la fin des essais de la France en Polynésie”, a indiqué, dans un entretien à l’APS, Tony Fortin, chargé d’études à l’Observatoire des armements (France).
Relevant que cette loi “permet aux personnes reconnues comme victimes de percevoir une indemnisation compensatrice”, M. Fortin a fait remarquer qu’”au bout de 10 ans de mise en œuvre, nous observons qu’une seule personne résidant en Algérie a pu en bénéficier, ce qui est incompréhensible et ne correspond en rien à la réalité”.
Pour M. Fortin, auteur de plusieurs contributions sur les explosions nucléaires dans le monde, “il y a
une situation compliquée” concernant l’indemnisation des victimes, estimant que “seul l’engagement
des associations avec des avocats a permis l’obtention d’indemnisations, lesquelles restent extrêmement
limitées par rapport au nombre réel de victimes”.
Ce chercheur à l’Observatoire des armements a indiqué que cette loi “résulte d’une mobilisation
citoyenne importante ayant entraîné le soutien des parlementaires et des médias”, et concerne “théoriquement toutes les victimes quelle que soit leur nationalité”.
Il a expliqué que pour en bénéficier, il faut répondre à des critères déterminés, notamment “être
dans une zone déterminée, et ceci durant la période” des explosions, et avoir “une des 23 maladies
listées par décret”, déplorant toutefois que “l’application de cette loi pose un réel problème”.
Pour ce qui est des archives en relation avec l’emplacement des déchets des explosions nucléaires
français dans le Sud algérien, il a relevé que la décision prise par l’Algérie de créer l’Agence de
réhabilitation des anciens sites des explosions nucléaires dans le Sud algérien en juin 2021 est
“une première étape dans ce sens”.