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Le président tunisien dissout le Conseil de la magistrature, qu’il juge partial

Le président tunisien dissout le Conseil de la magistrature, qu’il juge partial

Le président tunisien Kais Saied, qui s’est arrogé fin juillet les pleins pouvoirs, a dissous dimanche le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui supervise la justice, l’accusant de partialité et de servir des intérêts politiques.

“Le CSM appartient au passé à partir de ce moment”, a déclaré le président dans une vidéo diffusée dans la nuit où on le voit discuter avec des ministres. Il y accuse cet organe constitutionnel indépendant de corruption et d’avoir ralenti des procédures, comme les enquêtes sur les assassinats en 2013 de militants de gauche. Selon les observateurs, il vise ainsi le parti Ennahdha, sa bête noire, qui a contrôlé le Parlement et les différents gouvernements ces dix dernières années, après la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali et la révolution de 2011. “Dans ce conseil, les postes et les nominations se vendent et se font selon les appartenances”, a affirmé le chef de l’Etat, en ajoutant: “vous ne pouvez pas imaginer l’argent que certains juges ont pu recevoir, des milliards et des milliards”. Pour lui, “la place des juges (du CSM) n’est pas là où ils se trouvent mais sur le banc des accusés”.

M. Saied concentre tous les pouvoirs depuis le 25 juillet, quand il a limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, une décision qualifiée de “coup d’Etat” par Ennahdha et d’autres opposants. Il a depuis nommé un gouvernement mais prend ses décisions par décrets. Mi-décembre, il a annoncé un référendum constitutionnel pour cet été et des élections législatives en décembre. Le “mouvement du 25 juillet”, qui regroupe ses partisans, avait appelé samedi M. Saied à dissoudre le CSM pour “purger” le pouvoir judiciaire de “magistrats corrompus”.

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