Message du président de la République à l’occasion de la Journée nationale de la Mémoire
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a adressé, jeudi, un message à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la Mémoire, commémorant le 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945. En voici la traduction faite par l’Agence officielle :
“Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux,
Prière et paix sur son vertueux Messager,
Chères concitoyennes, chers concitoyens
Le peuple algérien commémore, en ce 8 mai, l’un des plus atroces massacres et crimes de génocide contre l’humanité de l’époque contemporaine. Il se remémore une page profondément empreinte de la haine coloniale, parmi les plus sombres que l’humanité ait connues, incarnant un mépris flagrant du droit à la vie. Une page qui traduit une déchéance morale dépourvue de toute valeur civilisationnelle, dont des milieux extrémistes continuent jusqu’à aujourd’hui de se vanter et de défendre en brandissant, toute honte bue, le mensonge du +colonialisme porteur de civilisation et de progrès+.
A l’opposé total de ces allégations fallacieuses, les massacres du 8 mai 1945 furent un génocide perpétré contre des Algériens sans défense, dont des femmes et des enfants, sur leur propre terre et dans leur propre patrie. Ils réclamaient leur droit à la liberté et furent exterminés collectivement (45.000 martyrs) sous les bombardements de l’artillerie et les chenilles des engins militaires, avec une extrême froideur et une haine ardente.
Durant ces journées douloureuses, les scènes d’horreur se multiplièrent : villages entiers incendiés, exécutions effroyables, des dizaines de martyrs entassés dans des fosses communes à Sétif, Guelma et Kherrata pendant plusieurs jours. Des scènes insoutenables, indélébiles de l’Histoire, qui accablent leurs auteurs d’infamie et d’opprobre et condamnent les partisans de l’oubli et du déni, leurs descendants, de la faillite de position face à des vérités établies.
Les martyrs de l’Algérie tombés lors de ces massacres tragiques furent le ferment qui précipita le déclenchement du glorieux 1er Novembre, après que les échos de la répression du peuple algérien aspirant à la liberté eurent atteint l’opinion publique internationale aux quatre coins du monde, portant ainsi notre juste cause jusqu’aux tribunes des Nations unies.
Ces sacrifices douloureux demeureront à jamais l’un des chapitres glorieux de notre histoire contemporaine et resteront présents, dans tous leurs détails, dans le dossier de la Mémoire, qui constitue l’un des fondements essentiels pour bâtir des relations affranchies de la glorification outrancière d’une époque coloniale sombre et injuste, ainsi que d’un discours extrémiste prisonnier d’une nostalgie illusoire et révolue.
En saluant, dans ce cadre, toutes les initiatives et manifestations à caractère historique, intellectuel et culturel organisées chaque année à l’occasion de cette date mémorable dans les universités, les écoles, les maisons de jeunes, les centres culturels et divers espaces, afin de lutter contre l’oubli et de perpétuer les gloires de l’Algérie, j’annonce avoir instruit le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit de procéder à la concrétisation de deux projets.
Le premier projet porte sur des assises nationales de la Mémoire et de l’Histoire et le second concerne la préparation d’un projet de loi relatif à la Mémoire nationale, en fidélité aux martyrs des massacres du 8 mai 1945 et aux martyrs de l’Algérie.
En cette Journée nationale de la Mémoire, commémorant le 81e anniversaire de ces massacres, nous nous recueillons avec déférence à leur mémoire pure et nous renouvelons notre engagement à préserver leur serment et à servir notre chère patrie et le vaillant peuple algérien, dans une Algérie victorieuse, fière et digne.
Vive l’Algérie,
Gloire et éternité à nos valeureux martyrs”.