Règlement Budgétaire 2018 : Déficit, recettes, dette… La Cour des comptes révèle les chiffres
Algérie – La Cour des comptes a mis l’accent, dans son rapport d’appréciation sur l’avant-projet de loi portant règlement budgétaire de l’exercice 2018, sur “certaines défaillances” dans les opérations d’investissement public, la maturation des études ainsi que l’exécution et le suivi des programmes d’investissement.
Présentant, hier lundi 14 décembre, le rapport d’appréciation sur l’avant-projet de loi portant règlement budgétaire de l’exercice 2018 devant la Commission des finances et du Budget à l’Assemblée populaire nationale (APN), le président de la Cour des comptes, Abdelkader Ben Maarouf a insisté sur l’impérative maîtrise du budget destiné à l’investissement public et le remboursement des crédits octroyés aux grandes entreprises, notamment dans le cadre du financement non conventionnel auquel a recouru le Gouvernement en 2018.
Et d’affirmer que “l’efficacité des dépenses publiques et l’exécution des crédits alloués à certains secteurs constituent le noyau et une problématique dans la méthode de gestion des deniers publics”.
En chiffres…
En chiffres, le déficit budgétaire global a atteint 2082 milliards Da en 2018, soit trois fois du déficit de 2017, en raison de la hausse sensible relevée dans les dépenses d’équipement (+ 74,1 %) malgré la croissance des revenus budgétaires de 5,5% durant la même période, a-t-il fait savoir.
L’exécution des opérations financières de l’Etat a été caractérisée par un déficit du Trésor de -1341 milliards Da, financé de manière non conventionnelle à hauteur de 900 milliards Da, et en exploitant les dépôts des pourvoyeurs du Trésor et les comptes financiers.
Pour le président de la cour des Comptes, ce déficit a fortement contribué à l’augmentation de la dette publique qui a atteint 7778 milliards DA, soit 38% du produit intérieur brut (PIB), ce qui représente une hausse de 4178 milliards DA, tout au long des années 2017-2018.
Cette croissance, ajoute M. Ben Maarouf, est principalement due à l’augmentation de la dette interne, après le recours au financement non conventionnel dont le montant s’est élevé à 5565,2 milliards DA, soit 2185 milliards DA en 2017 et 3371,2 milliards DA en 2018.
Par ailleurs, les recettes budgétaires se sont élevées à près de 6405 milliards DA, soit une augmentation de 5,5% par rapport à l’exercice 2017, ce qui reflète l’impact lié à l’augmentation dans la fiscalité pétrolière (10,5%) et à la croissance des revenus issus des bénéfices et des contributions financières de l’Etat (11,6%), a-t-il poursuivi.
L.S
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